***Article(s) en date du 14.2.07***

Saint Valentin sans Valentine

Bon, j'avoue, depuis une petite semaine, j'attends ce jour avec impatience, et j'avais prévu de faire un long et acide article pour vitupérer la mercatique qui entoure de nos jours la fameuse Saint Valentin. Comme je le fis parfois, j'avais un brouillon, une ébauche d'article, et des terres défrichées dans mon cerveau pour y planter quelques graines de réflexion.

Seulement voilà, en me levant ce matin (tard, puisque pour une fois je ne donnais aucun cours ni ne faisais aucun remplacement ce matin...) force est de constater que c'est ce que tout le monde a fait... La bloggosphère est remplie d'articles du genre "Han mais c'est nul, Han mais c'est pourri, Han mais je suis tout seul", et caetera.

Donc par pur esprit de contradiction (je suis chez moi, je fais ce que je veux) j'abandonne toute idée de croisade sur la terre sainte de Valentin. Pour au contraire oublier un peu la dégradation moderne du nom et de la fête, comme de la plupart des fêtes d'ailleurs, merci le grand plan du "il-faut-enchainer-les-fêtes-qui-font-dépenser", et parler un peu des origines de ce jour.

Oh, je ne parlerai pas de Valentin, ce martyr au service de l'ordre de Jean-Claude, non, ni lui, ni l'autre (eh oui, ils étaient deux !) mais encore avant cela, avant même l'Amour Courtois du Moyen Age, la raison qui poussa les ecclésiastiques à choisir cette date plutôt qu'une autre. Février à toujours été un mois lié fortement au désir et à la fertilité. Seul Mai et les traditions proches de Beltane peuvent espérer détrôner ce symbole de l'union des corps et des esprits. De Lupercalia à Rome, au mois de Gamelion chez les grecs, ce moment précis de l'année à toujours servi à pousser les gens les uns vers les autres et à célébrer ces unions. Et pas seulement à acheter des chocolats en forme de coeur à bobonne pour qu'elle ferme les yeux en apprenant que monsieur butine chez la voisine dans son dos (et dans le dos de ladite voisine aussi. Si bobonne acceptait la sodomie, Raoul n'aurait peut être pas découché avec Jaqueline).

Mais je m'égare. Je ne suis pas un historien, et de toutes façons il existe déjà toute une tripotée de sites ou de pages sur la saint Valentin, sa vie et son oeuvre. Et si on parlait plutôt d'amour ?

Oh, je ne vais pas m'étendre sur mes propres idées à ce sujet. Je l'ai déjà fait en long, en large et en travers dans ces trois articles que je vous conseille de relire (ou de lire si ça n'a pas encore été fait... Ce sont peut être trois articles parmi les plus sérieux que j'ai eu à écrire en ces lieux). Non, je pense qu'il est fort à propos aujourd'hui de se pencher sur une retrospective personnelle de ce Beyrouth miniature qu'est devenue ma vie sentimentale depuis un an. Insolentes, mes amours ne ressemblent à rien depuis quelques temps. Cette chronique aurait donc pû s'appeler "petits désordres d'ordre sentimental" ou "les blondes, c'est le Mal(tm)". Ou, pour citer l'ami Thibaud-avec-un-D-comme-Dammit a.k.a. Kobal2 : "L'amour, c'est comme les cafards : c'est débectant chez les autres, pis vas y pour s'en débarasser quand c'est chez toi"

Loin de moi l'envie de comparer toute une partie de la gent féminine aux infâmes Skyblogs qui sont parfois les récipendaires malgré eux de mon fiel électronique, mais force est de constater qu'entre le 14 février 2006 et le 14 février 2007, les blondes ne m'ont pas réussi. Je ne parle pas ici des quelques papillons qui ont croisé ma vie cette année (quoique ces derniers se font rares depuis que je suis prof... trop de boulot, moins de galipettes !), ni même de ce mini-coup-de-foudre l'an dernier qui aura été très vite éteint -merci Flaubert-. Non. Je parle des demoiselles qui ont *vraiment* compté, et qui, en fait, comptent toujours beaucoup pour moi. Il est, soit dit en passant, extrêmement épuisant et douloureux de faire partie de ces rares personnes incapables d'éteindre la flamme d'un amour, si vieux ou impossible soit il. Parfois, j'aurais aimé être un enculé. Passons.

Il y a principalement trois demoiselles qui m'auront bouleversé le coeur ces douze derniers mois. Trois blondes, d'où mes tentatives de sous-titres du paragraphe pré-précédent. Tellement différentes les unes des autres, et pourtant étrangement complémentaires. Et toutes trois rangées sous le signe des attractions désastres qui sont devenues le leitmotiv de mes relations (ou de mes absences de relations) de ces derniers mois. Tel les habitant d'Hiroshima regardant avec une suspiscion non feinte toute poele ou ciré imperméable recouvert de Teflon, je vais finir par prendre mes jambes à mon cou et m'enfuir en courant chaque fois que l'on me présente une nouvelle blonde. Je crois que ça vaudra mieux pour moi...

Que dire de ces demoiselles ? L'une, je l'ai fui. La seconde, je l'ai amené à me fuir. La troisième, je ferais mieux de la fuir tant qu'il est encore temps, mais rien qu'à écrire ces lignes je me dis dans un sens qu'il est déjà trop tard...

Celle que j'ai fui pesait trop lourd sur mon coeur. La relation particulière et, dans un sens, malsaine qui existait entre nous avait fini par me pourrir la vie, le moral et le coeur. Outre le fait qu'elle évoluait dans un sens qui n'était pas le mien, chaque rencontre avec elle devenait pour moi le synonyme de douleur et de frustration. Un jour, une frontière de trop a été franchie. Elle a pu faire demi tour. Pas moi. J'ai essayé au mieux de prendre sur moi, mais après près d'un an de mal-être à chaque instant passé avec elle, comprenant que la situation s'envenimait au point de devenir pour moi un "cas Magali" numéro deux, j'ai préféré couper les ponts, entièrement et définitivement, refuser de la voir a nouveau. Elle m'en a voulu. Je pense qu'elle m'en veut encore. On se parle, parfois, sur MSN. Mais dans un sens, triste, j'ai néanmoins réussi à rester ferme sur mes positions. Et j'ai arrêté de me détruire à petit feu pour elle. Et j'ai réappris à vivre, un peu. Je n'avais jamais pris ce genre de décision auparavant. Décision lâche, peut être. Mais dans ce cas, qui était pour moi la seule alternative à la folie. Une belle attraction désastre, et la première blonde de ces douze derniers mois.

Celle que j'ai amené a me fuir trottinait un peu dans ma tête. Pourtant, elle et moi avions déjà eu ensemble plusieurs discussions sur le caractère peu commun des liens qui nous liaient. "Amis, non, ni amants, étrangers non plus" chantait Goldman de sa voix nasillarde. C'était un peu ça, elle et moi. Ca l'est toujours. Mais comme la marée, depuis près de trois ans notre relations est marquée par une alternance de flux et de reflux. On va l'un vers l'autre, jusqu'à un petit point de non retour, puis elle me fuit. Puis elle revient. Parfois je souffre de n'être pour elle qu'un éternel numéro deux. Le petit baron Poulidor de son coeur. Parfois je me dis qu'elle est la seule à vraiment me comprendre. Parfois elle me dit que je suis le seul qui la comprends vraiment. Et parfois Humbert en moi devient trop fort, ou un mot, ou un geste, devient trop déplacé et c'est elle qui se déplace hors de ma vie, comme elle en est partie, à nouveau, il y a trois mois, mais pour combien de temps cette fois ? Seul, loin d'elle et de sa peau, j'ai parfois l'impression que je n'ai pu que l'imaginer. Une douce attraction désastre, et la seconde blonde de ces douze derniers mois.

Celle que je ferais mieux de fuir est, croyez moi je ne pensais pas que ce serait possible, une relation encore plus compliquée que les deux précédentes. Et pourtant dans un sens, beaucoup plus simple. Voyez vous, depuis que j'ai quitté le monde du simple étudiant (vautré dans le stupre, la débauche, et les prostiputes avec des rails de coke entre les seins) pour devenir prof, le fait d'être un prof jeune (le premier qui me contredit va bouffer ses propres shoes) entouré d'un public à peine plus jeune que moi (y'en a même des plus vieux, mais that's beside the point) amène parfois certains dérapages, ou tout du moins certaines situations-de-dérapages-potentiels, surtout lorsque l'on est comme moi -tu le sais bien, fidèle lecteur, jolie lectrice- un esthète un chouille trop fleur bleu au coeur qui a tendance à s'affoler pour les demoiselles un peu plus jeunes que moi. Ces situations, j'aurais tendance à les classifier... Comme suit :

La situation du premier type est la demoiselle qui, genre, ressemble à l'incarnation physique de mes fantasmes féminins. Non, je n'ai pas Natalie Portman ni Keira Knightley dans mes classes, mais il y a indubitablement des demoiselles qui me font le même effet. Situation 1 ? Gérable, easy même : j'ai jamais été harceler ni faire du gringue à Natalie ou Keira, donc pas de soucis pour les demoiselles de cette catégorie. La situation du second type est la demoiselle qui, genre, passe ses cours à m'allumer. Il y en a une poignée cette année. Je sais pas si c'est dû à "l'uniforme", l'image de l'autorité pour déplacer un complexe d'Oedipe, bref, quoi qu'il en soit, j'ai reçu des propositions totalement indécentes de quelques étudiantes cette année. Gérable, tout aussi easy : quand on m'allume sans vraiment me connaitre, je ne vois pas trop l'intérêt, en fait, et j'ai suffisemment de professionnalisme pour ne pas, pour parler crument, me taper goulument mes élèves, même si l'une de celles qui m'a fait des avances me plait beaucoup, physiquement parlant, et est donc techniquement un cumul de la situation 1 et de la situation 2.

Non, le problème vient de la situation du troisième type (et là vous comprenez pourquoi je parle de situations et pas de rencontres, j'ai pas envie d'avoir de problèmes avec Spielberg). La demoiselle où j'ai fait l'erreur de "creuser" derrière la façade, pour me rendre compte qu'elle ressemblait un peu trop à mon idéal, pas seulement physique, mais surtout, en dedans. Son caractère, ses idées, ce que j'ai pu apercevoir de sa vision de la vie. Ses joies et ses peines. Ses blessures, qu'elle cache tant bien que mal, mais que l'empathe que je suis ressens à fleur de peau. Et là, cette situation fait exploser toutes les barrières protectrices de mon esprit, de mon professionnalisme, de mon calme, de mes défenses, et la situation va en s'aggravant et en s'empirant au fil du temps et des cours passés ensemble. Parfois, je me dis que c'est une histoire impossible, que je ne lui plait pas, qu'elle ne voit surement en moi qu'un prof, ce que je suis, d'ailleurs, et que cela implique des limites à ne pas franchir. Mais un sourire plus tard, un sourire rien que pour moi, ou quelques mots prononcés différemment, et je me dis alors tout le contraire, et que ces autre fois je ne trouve cette histoire impossible que pour éviter de tenter de franchir cette limite, comme un mécanisme de défense. C'est étrange et déroutant. Et cette douce tentation, de par sa nature, et la mienne, ne fait que décupler la force de ces étranges sentiments naissants. J'aimerais fuir, mais j'ai déjà trop fui cette année. Et dans un sens, il est déjà trop tard. Une tendre attraction désastre, et encore une blonde cette année, nouvellement entrée dans ma vie mais qui risque comme les deux précédentes de la laisser dans son sillage en un état bien plus piètre encore que le champ de ruine auquel elle ressemble déjà aujourd'hui.

Si, vraiment, parfois j'aimerais être un connard. Ca simplifierait ma vie. Mais on est comme on est, et si j'ai déjà par le passé réussi à évoluer, voire carrément à me changer du tout au tout sur certains points grâce à de nombreuses introspections, j'ai trop d'amour propre pour vraiment tenter de devenir un monstre. Alors je reste ce bisounours cyclothymique un peu trop fleur bleu, un peu trop sensible, qui a passé sa Saint Valentin à penser à des petits anges blonds et à se morfondre seul de sa carence de tendresse en les regardant de loin mettre ma vie et mon coeur en miettes.

Joyeuse Saint Valentin...

La citation du jour : "Bon, ok, je pipote, j'allais le faire en fait. Donc, silence, on crée."
La chanson du jour : Mon coeur, mon amour, Anaïs, "Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule "

Même si c'est trop tard, la vie est belle !

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***Article(s) en date du 4.2.07***

Gastro...nomie

Cette semaine aura été placée sous le signe de la bouffe, pas de la malbouffe (car plus le temps passe, moins je suis apte à m'adonner à ce vice), mais de l'excès. La soirée de vendredi, et surtout les nausées de la nuit qui l'a suivi auront été suffisantes pour me démontrer que l'excès de spaghetti bolo et l'excès de kumkwats ne font pas bon ménage... Mais une indigestion plus tard, j'étais (presque) frais et entièrement dispos pour la soirée crèpe du samedi soir... Où entre deux crèpes, j'ai découvert une émission télé totalement débile, sans aucun sens ni intérêt, mais qui incroyablement m'a fait rire. Le genre d'émissions qui me fait à la fois regretter et pourtant renforcer ma motivation quant à ma non-possession de toute antenne extérieure.

J-12 pour l'avion au moment où j'écris ces lignes -la navette de bus Luxemboug-Frankfurt est maintenant également réservée-, et demain continue le grand marathon du BTS blanc pour mes classes de deuxième année. Certains étudiants vont avoir la chance de passer au pilori pour leurs oraux d'anglais avec moi demain. En me lisant, je vous laisse libres d'imaginer le sourire sadique qui se peint sur mon visage... Bien évidemment je plaisante. De toutes façons les critères d'évaluation officiels de l'oral d'anglais du BTS sont tellement larges que c'est à se demander si même un étudiant qui serait incapable de parler anglais ne serait pas capable d'avoir presque la moyenne à cette épreuve.

Je concluerai ce court article en rebondissant sur les commentaires du précédent. Je n'avais pas remarqué l'écho que la répétition des 14 se faisaient dans l'avenir proche sur la fameuse Saint Valentin. Outre l'incroyable consumérisme que représente maintenant cette fête plutôt qu'une quelconque marque d'affection, je suis assez d'accord avec Eve sur le fait que le mieux, en couple ou pas, c'est encore de l'ignorer. Bien sûr, le fait que les 3 ou 4 dernières années aient pour moi été synonymes de Saint Valentin lamentables, que je sois où non en couple à cette date précise, ont tendance à me faire douter de ma propre objectivité à ce sujet. Mais je ne m'abaisserai pas au plan de dernière minute que m'avait présenté l'une des demoiselles célibataires parmi mes étudiantes, en l'occurence sortir en boite pour ramener le premier boulet venu histoire d'avoir un cadeau. Bon, heureusement, elle n'avait pas l'air sérieuse. Enfin je l'espère... Mais franchement je ne vois pas trop l'intérêt.

Quant à moi, vu mes attractions désastres actuelles, et l'incroyable improbabilité de toute relation avec la personne qui trottine dans ma tête en ce moment, en prenant en compte la situation et le contexte, il est donc plus que fort probable que ce fameux quatorze février, je le passe seul. Ce qui, en soi, n'est pas si grave, outre le fait bien sûr que tout le monde ne va parler que de ça pendant deux semaines, soulignant par là même sans le vouloir l'incroyable champ de mine que sont devenues mes affections depuis quelque temps, et développant encore outre mesure les crénaux de pensée qui se retrouvent accaparés par la demoiselle. Et plus que la solitude, ça, c'est vraiment le Mal(tm).

*Sigh*... Et si j'allais en boite pour trouver un(e) boulet ?

;o)

La citation du jour : "Et en plus je me retrouve à manger du riz et à boire du Coca"
La chanson du jour : Banana Split, Lio, "Ça me déplairait pas que tu m'embrasses, na na na, Mais faut saisir ta chance avant qu'elle passe, na na na, Si tu cherches un truc pour briser la glace, banana, banana, banana..."

Même si je crève d'envie de lui ouvrir mon âme et que je n'en fait rien, la vie est belle !

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